L’heure est grave ! Enquête sur les OTAs

Chers hôteliers, Chers collègues,

Vos organisations professionnelles montrent l’exemple d’une hôtellerie qui n’agit plus de manière fragmentée sur le sujet crucial des plateformes de réservation en ligne (OTA), mais unie ! Car l’heure est très grave ! A l’aube d’un été qui sera concentré sur un tourisme essentiellement français en raison des suites du Covid-19, les OTA continuent de nous étrangler. D’ailleurs, Booking a modifié profondément ses conditions particulières de partenariat et elles sont applicables aux hôtels automatiquement depuis le 8 juillet pour tous ceux qui ont continué à utiliser ses services. 

Il nous faut votre avis. Nous avons besoin de vous, prenez quelques minutes pour répondre au questionnaire disponible à l’adresse suivante : 

 https://app.evalandgo.com/s/?id=JTk3biU5M20lOTYlQUM=&a=JTk2byU5MmklOUMlQTk=

 Pour rappel, en juillet 2013, vos organisations professionnelles, l’UMIH, GNC et le GNI, ont déposé plainte devant l’Autorité de la concurrence (ADLC) à l’encontre des pratiques mises en œuvre par les principales plateformes de réservation hôtelière en ligne OTA (Booking, Expedia et HRS).

Le 21 avril 2015, l’Autorité de la concurrence a adopté une procédure rendant obligatoires les engagements souscrits par Booking, consistant en substance à supprimer de ses contrats avec les hôtels les clauses de parité large, tout en maintenant les clauses de parité étroite (càd interdiction pour l’hôtel de proposer sur son propre site un prix moins cher que le prix proposé via Booking.com).

 En parallèle, en travaillant sur plusieurs actions devant les tribunaux de commerce et sur la Loi Macron d’août 2015, nous avons abouti à l’interdiction en France des clauses de parité tarifaire dans les contrats avec les plateformes, et l’instauration du contrat de mandat (càd fixation du prix et des conditions de vente par l’hôtel lui-même).

Cependant, alors que les engagements devant l’Autorité de la concurrence ont pris fin en juin 2020, l’heure est grave pour les hôteliers ! La profession se doit d’être soudée ! En effet, alors que nous avons fait beaucoup en législatif et contentieux pour améliorer les relations avec ces géants de l’Internet, les hôteliers sont encore aujourd’hui confrontés à de graves problématiques, aggravées dernièrement avec la crise du Covid-19 :

· Booking.com et Expedia continuent de bénéficier d’un pouvoir de marché massif,

· Les taux de commission restent à des niveaux excessifs, en particulier pour les hôteliers indépendants,

· Si les hôteliers ont gagné le droit de pratiquer des tarifs différents en fonction des canaux de distribution grâce à la Loi Macron et aux décisions des juridictions commerciales, la question se pose toujours en pratique de savoir si les hôteliers ont la capacité réelle de le faire : s’ils n’accordent pas aux OTA leurs meilleurs prix et leurs meilleures disponibilités, ils sont potentiellement sanctionnés par les algorithmes des OTA,

· Les OTA restreignent la communication aux hôtels des données personnelles des clients et disposent de bases de données uniques qui leur permettent d’asseoir chaque jour davantage leur domination et augmenter leur emprise sur tout l’écosystème de la réservation hôtelière en ligne,

· La distribution des nuitées par les OTA via leurs affiliés et partenaires commerciaux est opaque,

· Les OTA ont, grâce à leur puissance financière, maintenu un« mur de mots clés » qui leur permet aujourd’hui encore de capter l’essentiel des recherches de nuitées d’hôtels via Google et de continuer ainsi à être la « porte d’entrée » incontournable de la réservation hôtelière en ligne,

· les OTA imposent des modifications unilatérales de leurs contrats. 

Nous avons travaillé en 2018 avec notre association européenne l’Hotrec et l’école HES-SO Valais de Management et de Tourisme sur une étude sur les réservations hôtelières en Europe (document accessible ici). 

 Afin de l’actualiser, nous vous proposons de participer à une nouvelle étude sur le développement des ventes en ligne et hors ligne pour 2020 et sur l’évaluation du rôle des plateformes numériques pour les hôteliers. Nous l’avons légèrement enrichie avec nos aspects français (loi Macron, engagements devant l’Autorité de la Concurrence).

 Nous vous remercions d’avance pour votre participation au questionnaire. Plus nous recevons de réponses, plus les résultats seront représentatifs et interpelant, tant au niveau national qu’européen.

L’ensemble des données recueillies sont confidentielles et ne seront utilisées qu’à des fins statistiques. L’agrégation des données statistiques ne permet en aucun cas de remonter à l’identité des hôtels participants au sondage.

Si vous n’avez pas la capacité de répondre à cet email, merci de le transférer à la personne qui le pourra.

 Salutations distinguées,

Fabienne Ardouin, Co-Présidente de la Commission Europe et Numérique du GNI

Jean-Virgile Crance, Président du GNC

Laurent Duc, Président UMIH Hôtellerie Française

 

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