Les professionnels constatent un nombre de vacanciers en hausse mais déplorent un tourisme low-cost qui pénalise en particulier cafés et restaurants

Alors que la France fait cocorico sur la hausse des touristes choisissant l’hexagone pour leurs congés, les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration du GNI font une analyse bien plus mitigée des premières tendances (juillet et début août) de la saison estivale 2015. Dans leur grande majorité les hôteliers constatent un taux d’occupation en hausse par rapport à 2014 mais ressentent les effets de la crise sur les prix, tirés à la baisse. Mais surtout ces professionnels notent une évolution inquiétante quant à la fréquentation des cafés et restaurants paradoxalement concurrencés par l’explosion de l’hébergement de type Airbnb qui modifie les pratiques de consommation en vacances, en favorisant les repas pris à domicile.

L’hôtellerie tire son épingle du jeu

Les premiers chiffres de fréquentation communiqués pas les adhérents du GNI tendent à attester que l’année 2015 sera meilleure que 2014. Favorisés par une météo clémente, les taux d’occupation semblent dépasser les 70% dans les zones côtières et les 60% dans les zones de montagne et de lacs, retrouvant ainsi leurs niveaux de 2012 et 2013. Toutefois, de nombreux professionnels implantés dans les zones touristiques de France constatent la montée en puissance de la concurrence des plateformes d’intermédiation entre particuliers (type Airbnb) qui tire les prix vers le bas. Ainsi, à taux d’occupation comparable, les hôteliers estiment subir, selon leur implantation, une érosion entre 2 et 5% de leurs marges. Seules exceptions dans ce tableau mitigé : l’hôtellerie de plein air enregistrerait une hausse notable de son activité et la Corse boit le bouillon conséquence d’une baisse de fréquentation de l’ile de beauté !

Les cafés et restaurants impactés par la crise

La hausse des touristes estivaux ne semble par contre pas avoir profité aux cafés et aux restaurants. Les dépenses de consommations sont très réfléchies et font craindre un bilan estival négatif pour ce secteur. Qu’ils se situent sur les côtes, à la montagne ou encore à la campagne, les cafetiers et restaurateurs constatent, selon les établissements, stagnation ou de baisse de leurs CA dans une fourchette allant de -2% dans les zones qui résistent, à -10% dans les aires privilégiées par les vacanciers français qui ont, à l’évidence, des budgets très contraints.

Paris, broie du noir

La capitale mondiale du tourisme connait, elle, un été particulièrement morose. Tous les professionnels du secteur pointent une baisse de leur CA. Les hôteliers constatent une érosion de -2 à -5% avec notamment une défection de la clientèle familiale. Les restaurateurs subissent les conséquences de la crise avec des tickets moyens en baisse. Quant aux cafetiers, malgré les beaux jours de juillet et d’août, ils déplorent un manque à gagner souvent supérieur à -10 %. Situation critique donc pour la ville des lumières devenue, en quelques années, le terrain de prédilection d’Airbnb qui menace désormais clairement ce pan stratégique de l’économie parisienne.

Le GNI demande que le gouvernement encadre urgemment l’économie collaborative touristique

Alors que les décideurs politiques se félicitent de l’attractivité touristique du pays, il est urgent qu’ils prennent la mesure de l’onde de choc que représentent les plateformes d’intermédiation touristique entre particuliers (détourné d’ailleurs de plus en plus par des loueurs professionnels), pour l’activité du secteur de l’hôtellerie et de la restauration. Alors que l’hôtellerie traditionnelle supporte des coûts fixes importants ainsi que des contraintes légales, sociales et fiscales, les loueurs qui font appel aux plateformes en évitent certaines et ne respectent souvent pas la réglementation en vigueur. Ainsi l’Etat est privé de recettes fiscales, les régimes sociaux voient se développer une économie grise qui échappe aux cotisations (services de nettoyage / ménage / entretien), les voisins et les copropriétés découvrent de nouvelles nuisances liées aux locations temporaires (bruit, incivilités…) et les consommateurs se retrouvent parfois à devoir gérer des situations ubuesques liées au caractère trompeur de certaines annonces.

« Nos responsables politiques doivent prendre la mesure de l’impact de ces nouvelles pratiques sur le modèle social français. Alors qu’ils se félicitent d’avoir obtenu qu’Airbnb collecte la taxe de séjour à Paris, comment acceptent-ils de confier cette mission régalienne à un acteur qui ne paie pas ses impôts en France et ne se préoccupe pas de l’application des lois et règlements par ses partenaires loueurs ?  » déclare Didier Chenet, le Président du GNI.

Il poursuit : « Cette situation ne peut plus durer alors que de nouveaux services collaboratifs émergent et viennent dorénavant concurrencer également les restaurateurs. Nous allons dans les prochains jours rencontrer notre nouveau Ministre de tutelle pour qu’il se saisisse de ces nouvelles problématiques. Il est essentiel que, dès 2016, la France encadre mieux ces activités en s’assurant que la Loi soit appliquée sans discrimination par tous les acteurs du secteur, anciens et nouveaux. Nous croyons à l’intérêt de la concurrence comme levier d’amélioration de l’offre aux consommateurs, mais nous attendons qu’elle soit loyale et nous serons très vigilants car il en va de l’avenir d’un secteur clé pour l’économie du pays et fort pourvoyeur d’emplois. »

GNI
Le GNI est la seule Organisation Professionnelle indépendante au service des hôtels, cafés, restaurants, traiteurs organisateurs de réception et établissements de nuit indépendants et patrimoniaux. Didier Chenet est président du SYNHORCAT et du GNI, Claude Daumas, président de la FAGIHT est président délégué du GNI, Philippe Quintana, président du GNI-Conseil des Territoires est également président délégué du GNI.

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