Communication de Didier Chenet - 06/01/2021 | Point de situation

Chers collègues, chers amis,

Comme j’ai pu vous l’écrire, j’ai été reçu hier, 5 janvier, par Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie et Alain Griset, Ministre délégué aux PME en présence de mes collègues de l’UMIH, du GNC et du SNRTC.

D’emblée, Bruno Le Maire nous a informé que la réouverture des cafés et des restaurants ne pourra pas intervenir comme prévu initialement le 20 janvier prochain. Le Ministre a justifié cette décision, prise au plus haut sommet de l’État, par le nombre très important de contaminations à la Covid-19 enregistrées en France. L’objectif premier du gouvernement reste de contenir la pandémie pour éviter un 3ème confinement.

Il a poursuivi en ajoutant que les mesures mises en œuvre, Fonds de Solidarité et chômage partiel notamment, seraient maintenues tant que la sécurité sanitaire du pays ne sera pas rétablie.

En réponse, j’ai expliqué que le report de la date de réouverture des cafés et des restaurants n’est pas une surprise mais qu’il génère une réelle et profonde angoisse.

Les professionnels ne voient plus le bout du tunnel. Ils n’ont aucune date de réouverture fixée et voient la fin de la pandémie qui s’éloigne avec une campagne de vaccination qui tourne au fiasco par le peu d’engagement de la population à se faire vacciner et l’absence de vaccination en masse.

Dans le même temps, ces professionnels continuent de devoir payer leurs charges fixes et leurs loyers et vont devoir reprendre en mars prochain, dans moins de 2 mois, le remboursement des échéances des prêts bancaires.

J’ai ajouté ô combien il est important de prendre en considération l’impact psychologique de cette crise inédite à l’approche de son 1er anniversaire.

J’ai demandé aux Ministres présents, à défaut de pouvoir donner une date de réouverture aux professionnels, de leur confirmer le maintien dans le temps des mesures de soutien et d’indemnisation.

A ce titre, j’ai rappelé la parole gouvernementale voulant que toutes les entreprises soient indemnisées qu’elles soient fermées ou non, saisonnières, organisées sous forme de groupe, sans qu’un plafond ou une condition d’éligibilité ne viennent les discriminer.

J’ai ainsi évoqué à nouveau la situation des professionnels à la tête de groupes indépendants et familiaux pour lesquels le plafonds de 200 000 € ne permet pas une indemnisation des charges fixes.

J’ai rappelé nos échanges précédents et renouvelé ma demande qu’une aide spécifique leur soit attribuée selon les dispositions de l’Union Européenne qui autorise les États membres à indemniser les entreprises à hauteur de 70% des charges non couvertes dans la limite de 3 millions d’euros.

En réponse, le Ministre de l’Économie s’est engagé à défendre cette proposition d’indemnisation dans le cadre d’une réunion interministérielle ce mercredi. Si elle est retenue, l’annonce de cette mesure pourrait intervenir ce jeudi lors de la conférence de presse du Premier Ministre.

L’ensemble des organisations professionnelles a salué le prolongement en l’état, sans reste à charge, du chômage partiel tout en faisant remarquer que les professionnels du secteur de l’hôtellerie-restauration devait pouvoir avoir recours à ce dispositif bien au-delà de la date de réouverture des établissements en raison d’une activité qui serait à nouveau très dégradée du fait des mesures sanitaires et de l’absence de touristes.

Nous avons aussi demandé que la date butoir du 20 janvier 2021 pour que les salariés puissent prendre 10 jours de congés payés indemnisés au titre du chômage partiel soit repoussée dès lors que les cafés et les restaurants demeureraient fermés après cette date.

Bruno Le Maire nous a répondu soutenir cette proposition, nous laissant le soin, à l’UMIH et au GNI de la porter auprès de la Ministre du Travail.

Dès hier soir le GNI s’est entretenu avec le cabinet de la Ministre sur cette demande. Le cabinet de la Ministre a répondu l’examiner avec une opinion favorable dès lors que les 10 jours de congés payés seraient effectivement pris et indemnisés sur une période de fermeture administrative.

Une réponse devrait être apportée d’ici la fin de la semaine.

Enfin, Bruno Le Maire a voulu répondre à l’angoisse des professionnels du fait de la prochaine reprise du remboursement des échéances des prêts bancaires indiquant qu’il « faisait son affaire » d’obtenir un nouveau report automatique d’un an de ces échéances.

Il a ajouté que les mesures relatives à la suspension des amortissements du fait de la crise sanitaire devraient être annoncées le 8 janvier prochain par l’Autorité des normes comptables. Des mesures qui font suite aux demandes et démarches intenses du GNI.

Au terme de nos échanges, j’ai demandé aux Ministres de rassurer les professionnels au plus vite sur leur avenir en annonçant très rapidement les mesures ainsi examinées ensemble.

J’ai ajouté que nos organisations et les professionnels s’efforceront de travailler à la sortie de crise en invitant la population à se faire vacciner afin qu’elle retrouve au plus vite ses restaurants, ses cafés, ses hôtels et discothèques ou encore ses événements organisés par les traiteurs organisateurs de réceptions.

Dès demain, à la suite de l’intervention du Premier Ministre, nous pourrons faire un point sur les ajustements apportés par le gouvernement aux mesures de soutien et d’indemnisation de nos entreprises.

Nous espérons avoir été entendus.

Très cordialement.

Didier CHENET
Président

Chemin