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Communication de Didier Chenet - 15/04/2021 | Point de situation

Chers collègues, chers amis,

Dans les prochains jours, et peut-être même les prochaines heures, nous saurons enfin à quelle date et selon quel calendrier nous pourrons ouvrir de nouveau les cafés et les restaurants et relancer l’activité de notre secteur.

Le Président a affirmé que les terrasses d’abord seraient autorisées à accueillir les clients. Le Premier ministre a présenté un calendrier sans date, organisant la réouverture des établissements en plusieurs phases de 4 semaines, chacune marquée par des restrictions d’activité : d’abord une phase avec la seule ouverture des restaurants d’hôtel pour leurs clients à l’occasion du petit déjeuner, puis une 2ème phase avec l’ouverture des seules terrasses et le respect d’une jauge de 50% et enfin une 3ème phase avec l’ouverture des établissements avec à nouveau une telle jauge. Ce n’est qu’au terme de ce long processus de 3 mois que les établissements pourraient rouvrir complètement mais toujours, comme en octobre dernier, dans le respect du protocole sanitaire.

Le Premier ministre, conscient des conséquences de cette réouverture lente et dégradée, a indiqué que l’Etat continuera d’accompagner les entreprises à cette occasion et ne supprimera pas les aides « du jour au lendemain ».

Si nous ne doutons pas de la parole du Premier ministre de maintenir les dispositifs d’accompagnement et avons pris bonne note de ces paroles, nous avons, avec toutes les organisations professionnelles du secteur, demandé au gouvernement d’amender ce processus. Je vous livre ces propositions.

D’abord, nous avons proposé de compléter le processus d’ouverture en y intégrant les discothèques et les traiteurs organisateurs de réceptions totalement oubliés. Nous avons fait des propositions adaptées aux spécificités de leurs activités, y ajoutant notamment la possibilité d’accueillir la clientèle en plein air.

Nous avons également proposé d’accélérer le processus d’ouverture par une réduction des phases d’ouverture à 2 semaines. Il nous semble en effet réaliste de caler la durée des phases d’ouverture sur la durée unanimement reconnue d’appréciation de l’impact des mesures sanitaires.

Ensuite, nous avons proposé d’améliorer le processus d’ouverture afin de mieux encore accueillir nos clients et d’éviter des rassemblements incontrôlés. C’est ainsi que nous avons proposé que l’ouverture des restaurants d’hôtels aux seuls clients ne se limite pas au petit déjeuner. Nos clients doivent pouvoir déjeuner ou diner ailleurs que dans leur chambre. Le virus n’est pas plus dangereux après le petit déjeuner.

Nous avons également exprimé notre opposition à une jauge en terrasse insistant sur son inutilité et ses conséquences négatives alors que le respect du protocole sanitaire réduit déjà la capacité d’accueil du tiers voire de la moitié et qu’en extérieur les risques de contamination sont particulièrement faibles.

À ce titre, nous insistons sur le respect de ce protocole sanitaire. Son efficacité a été salué par le Président de la République. Le protocole, rien que le protocole mais un protocole respecté, contrôlé et sanctionné en cas de manquements. Et même modernisé, avec le QR code qui permettra de digitaliser le cahier de rappel.

Enfin, nous avons insisté sur l’importance d’un accompagnement financier de l’État à la hauteur de la reprise dégradée que connaîtront les entreprises.
Le maintien de l’activité partielle sans reste à charge, au besoin par un APLD, est une nécessité absolue alors que l’ensemble des effectifs ne pourra pas être mobilisé dans un 1er temps et que ces mêmes effectifs pourraient s’avérer insuffisants lors de la reprise espérée. 110 000 collaborateurs auraient quitté notre secteur depuis le début de la crise selon une enquête menée par nos organisations.

Cette activité dégradée nécessitera aussi que le point mort de nos entreprises soit baissé. Dans un secteur de main d’œuvre comme le notre où la masse salariale peut représenter plus de 40% du CA, il faudra que la réduction des coûts s’exprime par un maintien des exonérations de charges sociales patronales de sécurité sociale et un crédit de cotisations sociales.

Enfin, si l’activité ne suffit pas à permettre le paiement de leurs charges et à assurer leurs survies, les entreprises devront pouvoir compter sur une indemnisation du Fonds de Solidarité en raison de leur perte de chiffre d’affaires. Le dispositif appliqué à ce jour aux hôtels est un modèle : une aide de 15% de leur CA est versée aux hôtels qui perdent au moins 50% de leur CA et de 20% lorsque la perte atteint 70% au moins.

Ces propositions sont dans les mains du gouvernement et seront examinées ce soir par le Président de la République. Les modalités sanitaires de la réouverture devraient être connues rapidement. L’accompagnement financier nécessite encore des échanges entre Bercy et nos organisations. Il serait connu un peu plus tard. Reste la date. Nous l’attendons tous avec impatience. Et au besoin, je le redis et je m’engage à ce que tout soit fait pour préserver la santé de nos clients et de nos collaborateurs. C’est dans cet esprit que nous proposons que les salariés du secteur puissent faire partie des catégories professionnelles éligibles à la vaccination.

Très cordialement.

Didier CHENET
Président

Chemin