Communication de Didier Chenet - 01/10/2020 | Il faut éviter le pire !

Il faut éviter le pire !

La rumeur d’une fermeture généralisée des bars et des restaurants à compter de lundi circule, notamment à Paris. Elle alimente toutes les conversations. Pour autant, je veux croire que la décision n’est pas encore prise et que nous pouvons encore éviter le pire.

Toute la matinée de ce jeudi, le Premier Ministre reçoit les maires de Paris, Lille, Lyon, Grenoble et Toulouse. Il doit aborder les conséquences de la pandémie de Covid-19 et travailler avec eux "à des mesures les plus adaptées et efficaces possibles aux situations sanitaires, économiques et sociales locales", selon Matignon.

Je sais pouvoir compter sur le soutien de ces maires. J’espère qu’ils sauront défendre nos professionnels. Certains l’ont déjà prouvé. Il faut que cela dure car nos professionnels méritent le soutien de leurs maires.

Aujourd’hui aussi, les députés doivent se prononcer sur le prolongement de l’État d’urgence sanitaire. A cette occasion, ils se poseront la question de savoir si la fermeture des bars et des restaurants peut rester à la seule main du gouvernement jusqu’au 1er avril 2021 ou si cette décision doit revenir désormais à la loi. Un vote est prévu en fin de journée.

J’espère là encore pouvoir compter sur le soutien des députés afin que la fermeture des cafés et des bars ne soit plus possible par simple décret ministériel pris sans concertation.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Aujourd’hui les mesures de fermeture sont décidées ou à tout le moins annoncées par un Ministre de la santé qui refuse de dialoguer avec la profession. Ce mardi, lors de notre rencontre avec le Premier ministre, Olivier Véran était absent.

Nous ne pouvons pas rester inactifs et laisser le Ministre de la santé décider du sort de nos établissements. Hier, dans un courrier signé par l’ensemble des organisations professionnelles du secteur, j’ai demandé au Ministre de la santé de nous recevoir de toute urgence.

Nous devons trouver des solutions pour éviter le pire. Ni les professionnels, ni l’État n’ont les moyens d’assumer une nouvelle fermeture généralisée des bars et des restaurants.

Et comme nous sommes responsables, nous faisons des propositions. Oui, ensemble, les 4 organisations nous proposons de renforcer le protocole sanitaire des HCR et à ce titre :

- Mettre en place dans les établissements un « CAHIER DE RAPPEL » afin de garder à disposition des autorités sanitaires les coordonnées des clients en cas de contamination et de les aider à remonter le fil des cas contacts.

Les clients pourront laisser leurs noms et numéros de téléphone qui seront conservés pendant une durée d’un mois. Ils seront ainsi alertés par les autorités sanitaires en cas de suspicion de contamination de toute personne présente dans un établissement en même temps qu’eux.

Cette mesure a déjà̀ montré son efficacité́ à l’étranger.

- Inviter les salariés ainsi que les clients à la prise de leur température préalablement à l’accès à l’établissement.

- Organiser avec les autorités sanitaires les conditions d’un dépistage massif de tous les professionnels du secteur au moyen de plages horaires avec accès prioritaire qui leur seront réservées.

- Assurer les paiements des clients à table afin d’éviter leurs déplacements au sein des établissements,

- Limiter à 8 le nombre de convives à une même table.

Ces mesures, s’appliqueraient en plus de celles déjà obligatoires contenues dans le protocole sanitaire qui par exemple impose le port du masque au personnel ou interdit la consommation debout en intérieur comme en extérieur.

Ces propositions doivent être connues du gouvernement, de nos députés et de nos maires. Elles sont une alternative sérieuse à une fermeture généralisée. Faites-en la promotion immédiate, commencez à les mettre en œuvre.

Il s’agit d’éviter la catastrophe d’une fermeture généralisée. C’est la survie de nos établissements qui est en cause. Celle de nos bars et restaurants mais aussi de nos hôtels dont l’activité est étroitement liée et de nos traiteurs et discothécaires dont la situation est catastrophique.

Didier Chenet
Président

Chemin