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La réaction des hôteliers, cafetiers, restaurateurs, traiteurs organisateurs de réceptions et discothéquaires du GNI aux annonces du Premier Ministre sur le tourisme

Le Premier Ministre a adopté un ton grave alors qu’il a pris la parole au terme du 5ème CIT ce matin afin d’annoncer le plan de relance du tourisme en France, reconnaissant que le tourisme affrontait la pire épreuve de son histoire moderne et que son sauvetage était une priorité nationale.

Le Premier Ministre a insisté sur la stratégie du gouvernement de déconfinement progressif indiquant que le 25 mai prochain la date et les modalités de réouverture des cafés restaurants seront connues.

Il a précisé que les cafés et les restaurants situés dans les départements « verts » devraient pouvoir rouvrir le 2 juin à la condition de respecter un protocole sanitaire.

Ce protocole sanitaire, applicable aux hôtels, cafés, restaurants (ainsi que ses autres métiers relevant du secteur HCR) devra être validé d’ici le 25 mai.

À ce jour une difficulté majeure demeure, la DGS souhaitant que soit respectée une règle de 4 m² par personne. Le Premier Ministre a assuré vouloir trouver une solution permettant un équilibre entre les impératifs sanitaires et les considérations économiques de nos entreprises.

Pour le GNI et l’ensemble des organisations professionnelles, le respect du protocole sanitaire qu’ils ont élaboré permettra aux entreprises de satisfaire à leurs obligations de sécurité vis à vis des salariés et des clients. Pour cela, il doit être validé par les directions du travail et de la santé.

Didier Chenet, Président du GNI exige « que la raison l’emporte et que sans compromettre la santé des salariés et des clients, une solution soit trouvée. La notion de mètre carré n’est pas opportune dans nos établissements où les clients sont installés autour de tables qui imposent déjà une distance de sécurité. Il faut retenir une distanciation sociale d’un mètre linéaire, et lorsqu’elle risque d’être compromise, imposer le port du masque à notre personnel. »

Le Premier Ministre a poursuivi en présentant son plan d’urgence pour le secteur HCR :

- Le Fonds de solidarité sera ouvert pour les HCR jusqu’à la fin de l’année 2020. Il a confirmé qu’il sera désormais accessible aux entreprises employant jusqu’à 20 salariés et réalisant jusqu’à 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’aide du deuxième étage sera porté à 10 000 €.

- Les prêts :

  • Création d’un PGE saisonnier. Le maximum du montant du prêt correspondra aux 3 meilleurs mois de l’année 2019.
  • Le budget alloué au prêt tourisme est porté de 250 millions d’euros à 1 milliard d’euros géré par la seule BPI ;
  • Les banques proposeront à chaque entreprise un report supplémentaire capital et intérêts de 6 mois des échéances des prêts bancaires soit jusqu’à fin février 2021.

- Sur les cotisations de sécurité sociale :

  • Exonération des cotisations de sécurité sociale patronales de mars à juin et pendant toute la durée de la fermeture des TPE / PME (sans précision s’il s’agit seulement ou non de la fermeture imposée par arrêté ministériel),
  • Un crédit de cotisation égal à 20 % des salaires versés depuis février, ce crédit de cotisation étant imputable sur l’ensemble des cotisations dues par l’entreprise.
    Le montant de ces mesures relatives aux charges sociales est évalué par le Premier Ministre à 2 milliards d’euros.

- Chômage partiel : prolongation du dispositif jusqu’à fin septembre 2020 et ensuite prolongement selon des modalités revues (et non connues à ce jour).

- Un plan d’investissement :

  • Des apports en fonds propres pour 1,3 milliards qui permettraient de lever au total 7 milliards d’euros ;
  • Une offre d’accompagnement avec France tourisme ingénierie.

- Dans la prochaine loi de finances rectificative un dispositif permettrait aux collectivités locales d’accorder aux entreprises un allégement de taxe de séjour et un dégrèvement aux 2/3 de la CFE.
Ce dispositif sera financé à 50 % par l’État et à 50 % pas les mairies et communautés de communes.

- Le plafond des titres restaurant sera doublé à compter de la réouverture des restaurants. Cette mesure vise les cafés et les restaurants et sera applicable y compris le week-end.

Le Premier Ministre a conclu son intervention en indiquant que les Français pourront partir en vacances au mois de juillet et août sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultra marins.

Afin de faciliter les réservations hôtelières, il a indiqué que les hôteliers représentés par leurs organisations dont le GNI et l’UMIH s’étaient engagés à rembourser les séjours en cas d’annulation.

Pour Didier Chenet, ce Comité Interministériel du Tourisme, « s’il comporte une bonne nouvelle, il laisse un gout très amer.

La vraie bonne nouvelle, c’est que nos concitoyens vont pouvoir revenir dans nos établissements dans les départements verts à compter du 2 juin et qu’ils vont pouvoir réserver leurs vacances en France. Le Premier Ministre l’a annoncé. Pour les y inciter, nos hôteliers s’engagent à accepter les demandes de remboursement des réservations effectuées directement auprès d’eux en cas d’annulation pour cause de covid-19.

Le goût amer vient que l’essentiel des mesures gouvernementales consiste en des prêts, PGE, PGE saisonniers (qui s’adresse aux entreprises saisonnières, Tor et discothèques), prêts tourisme, etc. Nos professionnels sont déjà très endettés et leur capacité de remboursement déjà toute mobilisée. Ils attendaient une autre réponse que celle consistant à encore augmenter leurs dettes pour rembourser des pertes dont ils ne sont pas responsables. La dette ne peut pas être la réponse majeure du gouvernement.

Certes des mesures d’aides sont annoncées. Mais elles exigent des précisions pour que nous puissions en appréhender l’importance et l’impact comme les exonérations de charges sociales jusqu’à la réouverture des cafés et des restaurants ou le crédit de cotisations.

D’autres mesures dépendront du bon vouloir des maires et des présidents de communautés de communes, comme la remise de la CFE ou de la taxe de séjour.

D’autres mesures, encore, sèment le trouble, comme la révision des modalités du chômage partiel à compter de la fin septembre 2020 alors que certaines entreprises seront toujours dans l’incapacité de rouvrir.

Enfin, des mesures sont totalement absentes comme celles relatives aux loyers ou aux assurances.

Dans ces conditions, les restaurateurs et les cafetiers restent très inquiets et leurs collègues hôteliers qui comptent sur eux tout autant ! Il en est de même des traiteurs organisateurs de réceptions ou des discothèques dont les particularités ne sont pas suffisamment prises en compte. J’espère qu’après avoir reçues les précisions que nécessitent la présentation de ce plan, nos entreprises se verront donner les moyens de tenir et de reprendre leur activité après une fermeture décidée et prononcée par le gouvernement.

Je considère que ce plan n’est pas achevé et qu’il est un plan d’étape. Le GNI continuera, comme à son habitude, d’être force de propositions car le compte n’y est pas, nombre de nos propositions ne sont pas du tout abordées. Ce plan doit être complété, il en va de la survie de nos établissements ! La prochaine étape est fixée au 25 mai. Nous connaîtrons alors la date et les modalités de réouverture des cafés et des restaurants. D’ici là, il est indispensable que des mesures concrètes soient annoncées. »

Chemin